En 2022, 2,6 millions de foyers français utilisaient encore une chaudière au fioul, soit 9 % des logements. Ce mode de chauffage, fortement émetteur de CO₂, reste solidement implanté dans les zones rurales. Tandis que les villes enregistrent un recul net de son usage, les campagnes résistent davantage au changement. L’Insee souligne cette fracture territoriale, illustrant les limites actuelles de la transition énergétique en milieu rural.
Dans les Deux-Sèvres, près d’un quart des résidences étaient encore chauffées au fioul en 2022. Ce chiffre, bien qu’en baisse par rapport à 2006, reste 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale. Le Centre régional des énergies renouvelables explique ce maintien par la configuration des logements ruraux. Souvent vastes, ces habitations nécessitent des travaux lourds pour intégrer des alternatives écologiques. Le coût de ces rénovations ralentit le remplacement des chaudières au fioul, malgré les incitations.
Depuis juillet 2022, l’installation de chaudières fonctionnant uniquement au fioul est interdite. Seules les solutions hybrides, comme le biofioul contenant de l’huile de colza, restent autorisées. L’ambition affichée est d’atteindre un usage entièrement renouvelable d’ici 2030. Toutefois, l’instabilité économique et géopolitique pousse encore de nombreuses familles à conserver leur équipement actuel. Dans le Bas-Rhin, 15 % des ménages utilisent toujours ce mode de chauffage, souvent associé à un poêle à bois ou à pellets. Ce choix traduit une prudence persistante face aux technologies alternatives, jugées parfois coûteuses ou peu adaptées au cadre de vie rural. Le fioul, malgré son impact environnemental, conserve ainsi une place non négligeable dans le paysage énergétique français.










