Le fabricant français de pompes à chaleur Atlantic s’apprête à changer de dimension. Le groupe vendéen a annoncé avoir signé un accord en vue d’une prise de participation majoritaire par Paloma Rheem, consortium industriel nippo-américain issu du rapprochement entre les japonais Paloma et Fujitsu General, et l’américain Rheem. Spécialisée dans les équipements thermiques et de climatisation, cette entité entretient déjà des liens commerciaux historiques avec Atlantic, distributeur depuis plus de trois décennies des produits Fujitsu General en France et au Benelux. Ce projet de rapprochement s’inscrit dans un contexte de consolidation mondiale du secteur énergétique.
Le ministère de l’Économie et des Finances a immédiatement réagi en soulignant qu’il examinait cette opération avec la plus grande attention. Le dossier sera soumis au mécanisme de contrôle des investissements étrangers, qui pourrait s’appliquer en raison du caractère stratégique de l’activité énergétique. Roland Lescure, ministre en charge, a précisé que l’État se montrerait favorable à une reprise visant à consolider l’ancrage industriel et la position mondiale du groupe. En revanche, une logique purement financière de démantèlement serait fermement rejetée. Les autorités entendent ainsi protéger un acteur clé de la transition énergétique française.
Cette acquisition, qui pourrait être finalisée à la mi-2026 sous réserve des autorisations réglementaires, met fin à un long conflit entre les familles fondatrices, qui détenaient chacune près de la moitié du capital. Atlantic emploie 12 000 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 2,8 milliards d’euros. Le futur ensemble Paloma Rheem-Atlantic pèserait plus de 10 milliards d’euros et bénéficierait d’une forte complémentarité industrielle entre l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. Si l’opération aboutit, elle marquera une nouvelle étape pour Atlantic, qui ambitionne de renforcer sa compétitivité face à une concurrence internationale toujours plus intense.










