La British Refrigeration Association a organisé à Londres une conférence réunissant les professionnels du froid autour d’un enjeu majeur : réduire l’empreinte carbone des installations frigorifiques et de la chaîne du froid. Les discussions ont porté sur les quotas britanniques de gaz fluorés, les orientations européennes et les évolutions des politiques internationales en matière de réfrigération. Industriels, chercheurs, représentants de fédérations professionnelles et spécialistes de la réglementation ont partagé leurs points de vue. Parmi les intervenants figuraient notamment Judith Evans, de la London South Bank University, ainsi que plusieurs représentants des filières européennes.
Les échanges ont mis en évidence plusieurs pistes pour rendre les installations frigorifiques plus respectueuses de l’environnement. Il n’existe toutefois pas de solution unique adaptée à toutes les situations. Chaque entreprise doit tenir compte du fluide frigorigène utilisé, de la consommation électrique de ses équipements et de leurs conditions d’exploitation. La disponibilité des pièces, les contraintes d’approvisionnement et les besoins de maintenance sont également à prendre en considération. Pour réussir cette transition, les professionnels devront donc investir dans des équipements adaptés, mais aussi renforcer leurs compétences. Les discussions ont par ailleurs souligné les liens étroits entre le froid commercial et le transport des denrées alimentaires, deux secteurs directement concernés par les évolutions réglementaires. La coopération entre les différents acteurs apparaît ainsi indispensable pour accompagner les changements à venir.
Pour les exploitants, l’un des principaux enseignements est qu’il vaut mieux anticiper le renouvellement des installations plutôt que d’attendre les dernières échéances réglementaires. La première étape consiste à réaliser un inventaire précis des équipements, en relevant le type de réfrigérant, la charge utilisée, l’état d’étanchéité et la consommation annuelle d’électricité. À partir de ces données, les bureaux d’études peuvent comparer les différentes options de modernisation et évaluer l’intérêt de solutions alternatives. Cette analyse doit prendre en compte plusieurs critères : la sécurité, les performances énergétiques sur l’ensemble de l’année, la disponibilité des composants et les coûts d’entretien. En effet, remplacer un fluide frigorigène ne suffit pas, à lui seul, à garantir une amélioration des performances globales.
D’autres mesures peuvent aussi faire la différence. La récupération de chaleur, par exemple, permet de valoriser une partie de l’énergie habituellement perdue, tandis qu’un réglage plus précis des équipements peut limiter les consommations électriques. Les entreprises doivent néanmoins vérifier les exigences réglementaires applicables dans chaque pays avant de choisir leur solution. Enfin, la formation des techniciens reste essentielle pour assurer l’installation, l’entretien et le suivi de systèmes frigorifiques de plus en plus complexes.
Au-delà des échanges techniques, cette conférence rappelle une réalité : la décarbonation du froid ne repose pas uniquement sur de nouvelles technologies. Elle demande aussi une bonne préparation, des investissements réfléchis et une collaboration étroite entre les professionnels. L’objectif est désormais de traduire les ambitions climatiques en actions concrètes, mesurables et adaptées aux besoins de chaque installation.










