Isoler une maison sans revoir sa ventilation peut créer de nouveaux problèmes. C’est l’un des enseignements du programme Justair, présenté par la revue CFP. L’étude compare huit familles de systèmes pour les maisons rénovées. VMC simple flux hygroréglable, double flux, ventilation par insufflation ou dispositifs répartis : chaque solution présente des compromis. L’équipe a évalué la qualité de l’air, le confort, le bruit, la consommation électrique et les besoins de chauffage. Aucune solution ne convient à toutes les maisons. Le choix se prépare donc avec l’isolation, et non après les travaux.
Justair a multiplié les scénarios. Les simulations intègrent le climat, l’étanchéité, l’isolation et l’occupation des pièces. La pollution extérieure est également considérée. Les chercheurs ont confronté leurs calculs à des mesures réalisées dans une maison expérimentale. Selon le Cerema, les situations sans ventilation mécanique restent les plus préoccupantes. Aérer en ouvrant les fenêtres peut aider, mais ne garantit pas un renouvellement régulier de l’air. Or, une ventilation insuffisante favorise l’accumulation d’humidité et de polluants. Le gain énergétique espéré ne doit donc pas compromettre le confort. Il faut aussi préserver la qualité de l’air intérieur.
Sur le terrain, cette étude rappelle une priorité aux professionnels : commencer par observer le bâtiment. Où l’air entre-t-il ? Comment circule-t-il entre les pièces ? Quelles contraintes acoustiques ou techniques peuvent compliquer l’installation ? Ces réponses orientent le choix du matériel et son dimensionnement. Ensuite, les installateurs doivent vérifier les débits lors de la mise en service et prévoir un entretien accessible. De leur côté, les bureaux d’études peuvent comparer plusieurs configurations avant de retenir une solution. L’enjeu dépasse le coût d’achat : il s’agit de concilier consommation, santé des occupants et pérennité du logement. Enfin, coordonner ventilation, chauffage et isolation permet d’éviter des travaux efficaces sur le papier, mais décevants à l’usage.










