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Mieux comprendre la compétitivité des EnR

FRANCE – L’énergie et la question de l’engagement de l’UE envers les énergies renouvelables (EnR) vont être abordés au conseil européen du 23 Octobre prochain.
Un rapport de la FONDATION HEINRICH BÖLL conclut sur le sujet que cette filière présente un meilleur rapport coût-efficacité que les autres moyens de production.

Il est généralement admis que les EnR ont un impact plus faibles sur l’environnement que les modes de production conventionnels. Par contre, la compétitivité économique des EnR est plus souvent contestée. Dans ce débat, la FONDATION HEINRICH BÖLL, proche des Verts allemands a défendu la thèse que les EnR seraient également moins chères dans un rapport en Août intitulé «Les énergies renouvelables: la seule voie vers un système énergétique sûr, abordable et respectueux du climat pour 2030».

Le rapport dénonce les méthodes de calcul qui gonflent artificiellement les coûts des EnR par rapport à d’autres moyens de production car elles prennent en considération des indicateurs dans une comparaison avec les coûts actuels alors que les prix de l’électricité sur les marchés de l’énergie aujourd’hui ne représentent pas les coûts réels de production des centrales conventionnelles.

Uwe NESTLE, chargé de cette étude, préconise l’utilisation du coût moyen actualisé de l’énergie (LCOE : levelized cost of energy) pour une comparaison plus équitable.
Le LCOE prend en compte des variables précises et pertinentes: le capital initial, le taux d’escompte, les coûts d’exploitation continus, le carburant, l’entretien et la durée de vie des centrales qui peut varier entre 20 et 50 ans.

Selon la Cour des Comptes, les centrales nucléaires coûtent de plus en plus chers. Entre 2010 et 2013, le mégawatheure (MWh) est passé de 49,6 à 59,8 euros en France, soit une augmentation de 20,6%. La facture est plus élevée mais les coûts externes des dommages climatiques, l’assurance contre les risques d’accidents nucléaires ne sont pas pris en compte dans le calcul. Concernant, les coûts externes, ils s’élèvent à 145 euros en 2030 par tonne de C02 et à 260 euros en 2050 d’après l’AGENCE ENVIRONNEMENTALE FEDERALE ALLEMANDE (UMWELTBUNDESAMT).
D’après le RESEAU ACTION CLIMAT EUROPE, les énergies fossiles et le nucléaire touchent plus de subventions que les EnR alors qu’elles renforcent la dépendance énergétique de l’Union : 130 milliards d’euros contre seulement 30 pour les renouvelables dans les 27 pays de l’UE en 2011.
Pour la fondation la solution réside dans le développement des EnR tout en maintenant les centrales à gaz pour assurer une capacité de réserve à coûts moindres et en développant le stockage. Pour cela, un cadre politique clair et des objectifs doivent être mis en place pour les renouvelables.
L’avenir de la filière va dépendre du prochain Conseil européen du 23 octobre.