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Climatisation des bâtiments à partir de l’eau de mer

Dans les villes littorales, l’utilisation de l’énergie calorifique des profondeurs marines se répand de plus en plus. Ce système permet, en effet, de chauffer ou de climatiser les bâtiments. Actuellement, un nouveau projet vient alors d’être lancé par la Grande-Motte.

Ce système a un fonctionnement identique à celui des échangeurs thermiques à air. C’est-à-dire que, via une série d’échangeurs thermiques, l’eau de mer de 12 à 25 °C est captée pour refroidir ou réchauffer, selon la saison, un circuit d’eau douce. Des pompes à chaleur transforment cette énergie sous-marine en chaleur pour l’eau chaude sanitaire, le chauffage ainsi que la climatisation.

Selon Fabrice Tenneson, directeur régional de Dalkia Méditerranée, ce système présente de nombreux avantages : constante, ressource énergétique locale, inépuisable, réduction de gaz à effet de serre, gratuite, souplesse d’utilisation, etc. Le rendement du système à l’eau de mer est, d’ailleurs, plus important par rapport à celui des systèmes traditionnels à air. En effet, consomme 1 kWh pour produire jusqu’à 4 kWh de climatisation ou de chauffage.

Cependant, le chef de service adjoint au service Bâtiment de l’Ademe, Nicolas Doré, signale que les gisements possibles sont limités et les investissements sont trop onéreux pour permettre la généralisation de ces unités.

Les pompes à chaleurs sur eau de mer sont désormais visibles dans de nombreuses villes qui disposent de l’eau de mer ou de cours d’eau. À titre d’exemple, Dalkia commercialise, depuis quelques semaines, un réseau qui est approvisionné par l’eau qui a envahi une ancienne exploitation de charbon, non loin de Marseille, dans une récente zone industrielle de Gardanne.

Selon Thassalia, la ressource en eau permet, dans la durée, de stabiliser les tarifs, comparée aux énergies fossiles. Thassalia est une centrale à géothermie marine, inaugurée par Engie en 2016, destinée à climatiser et chauffer les 500 000 mètres carré de bâtiments du quartier d’affaires Euroméditerranée à Marseille.

Le modèle économique de cette technologie a, d’ailleurs, été consolidé par cette installation. Ces réseaux réclament de gris investissements (35 millions d’euros pour Thassalia, pour Massileo, 28 et 8 pour la Grande-Motte) puisqu’ils sont construits à partir d’un matériau résistant à la corrosion du sel marin, le titane.

Une densité critique d’usagers doit être atteinte par les opérateurs afin de couvrir ces dépenses. Ces opérateurs négocient également avec les collectivités locales et les promoteurs pour des délégations de service public et des contrats sur le long terme. Presque la moitié du montant provient des subventions d’investissement de l’Ademe, des régions et de l’Europe.

Il est bon de savoir que ce marché est prometteur puisque sur la population mondiale, 40 % se trouvent à moins de 100 km des côtes.